Les élections présidentielles de mai 2007

Ce dimanche 6 mai 2007, les 44,5 millions d’électeurs français ont entériné la mutation en cours du paysage politique français figé depuis trop longtemps et préparent l’avenir de la France pour les 5 prochaines années.


Les nombreux candidats à la candidature ont découvert la froide réalité peu racontable de la conquête du pouvoir suprême, quand on s’y hasarde hors des appareils historiquement établi. Les 6 candidats rescapés du périlleux couperet des 500 signatures avec les 6 autres nantis des fidélités redevables nous ont offerts une analyse commune, souvent incomplète, de notre état. La fêlure du mur des idéologies s’agrandit et fragilise dans ses fondements la dynamique économique qui étrangle les pouvoirs et rançonne le peuple. Les solutions proposées par les candidats devraient pouvoir être considérées pour plus de 40% de chacun et devenir le programme de l’élu, mais il n’en sera rien, comme d’habitude. A force de vouloir aspirer les voix, les candidats ont encore oublié de les inspirer.


Le premier gagnant de ce scrutin est le taux de participation exceptionnelle, le plus haut de toute l’histoire de la 5° République. Non, les électeurs français ne sont pas lassé de politique et leur exigence va s’affirmer encore plus. Les 2 candidats « pré-vendus » du second tour depuis plus de 6 mois rassurent les appareils en place. Le clivage gauche-droite n’a pas encore implosé mais ce n’est plus qu’une question de temps.


La question fondamentale, qui n’a jamais été posée, est de savoir quand une nation démocratisée décidera, même à 50% plus une voix, de tout mettre en œuvre pour réaliser un système d’organisation de sa société qui produirait chaque jour moins de non comprenant, d’irresponsables et d’ignorants ? Quand ce jour viendra, alors ses dirigeants politiques pourront naturellement soumettre le libre pouvoir financier aux destins des peuples. Cela induit une autre question ; nos élites sont-elles capable d’envisager pouvoir gouverner sereinement un peuple, en paix durable, nantis d’une minorité décroissante de manipulables, sans rapport avec leur niveau social ?


Cette campagne présidentielle a mis en lumière la caricature outrancière du système établi qui se demande comment garder les commandes du gâteau qui pourtant s’émiette, faute de ne connaître la vie que vue des couloirs du pouvoir, à en oublier le peuple qui résiste malgré tout. Cette attitude cloisonne le peuple dans un « faites pas chier » courtois de moins en moins respectable et compréhensible au regard de la situation du pays et de ce qui se passe dans le monde. Les effluves du pouvoir en vue cristallisent certaines personnalités et révèlent leurs pitoyables travers, uniquement tolérés par les nantis comme étant une garantie d’intelligence de caractère et non un indicateur de lacunes rédhibitoires.

 

Le pouvoir ne doit plus se réduire exclusivement à le conquérir puis à l’occuper mais plutôt à l’exercer enfin. Ceux qui payent ces dérives ne sont plus d’accord et risquent de toutes manières de le faire savoir. Pour éviter cela, encore faut-il avoir une vision pour son pays et non plus que pour soi-même.


La considération est la première augmentation de salaire qui ne coûte rien et qui manque à tous. L’impact de son équivalent financier non perçu n’a pas encore été mesuré, en rapport avec l’accroissement de la productivité devenue harmonieuse. Sans pour autant transformer ce gain inestimable en terrain propice à la manipulation individuelle, destructrice de la bonne foi, de la bonne volonté et de l’effort authentique. Cette énergie humaine est la source de l’économie, la meilleure de ses ressorts fondamentaux. Elle ne doit pas être souillée par une dérive débridée de son pouvoir d’entraînement aveugle qui est pourtant de plus en plus fragile. À force de s’occuper des chiffres, on en oublie l’humain, comme le bûcheron qui, submergé de travail, en oublie d’aiguiser sa scie.


Souhaitons que la grandeur et l’ambition s’emparent du destin de notre pays. Une ultime désillusion des électeurs conclurait le cycle des candidats de carrières aux convictions de circonstances. Tout en consolidant le mors aux dents administratif du peuple, ses élus et dirigeants semblent toutefois courir de plus en plus loin derrière. Pourtant, localement, des titans anonymes sont à l’œuvre chaque jour, quoi qu’il arrive. Ce sont eux les gardiens du devoir de stabilité de notre pays.


Le chantier de la rédaction des devoirs de l’homme et du citoyen français et Européen fait son chemin. C’est bien parce que nous avons d’abord des devoirs que nous avons des droits. Échanger des droits avec des voix brouille l’idée même des devoirs, sclérose le système démocratique et anesthésie les esprits.


Que ces 5 prochaines années nous livrent une facture salutaire mais pas trop lourde par ses choix, ses dirigeants et ses perspectives élaborées pour transformer la France. L’élu n’aura d’autorité que par son intangible et sage probité, sa capacité d’élan rassembleur, la place de l’imagination accueillit au pouvoir, et le tout avec un État devenu enfin le juste et fiable partenaire du peuple producteur de richesses.

Pierre Angelini

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