Réfléchir, échanger, agir

Les Think tanks sont à la mode. De partout jaillissent ces réservoirs dit de réflexion dans lesquels chacun refait le monde dans le sens qu’il croit judicieux. Les participants piaffent, les propositions fusent, les rapports tombent, les solutions pleuvent comme des petits pains et...rien ne bouge. Ou plus exactement les réformes succèdent aux réformes et chacun sent pourtant au fond de soi que l’enlisement général se poursuit inéluctablement. Les élections se succèdent et les espoirs engendrent les déceptions.


Quelles sont les vraies raisons de ce véritable suicide collectif ? Tout se tient dans ce monde en dérive. Ni le temps ni l’espace ni l’énergie ne sont encore sagement gérés : Le court terme est roi. Il faut tenir un cap inconnu sans savoir où nous allons. Le terrain est sans limites ce qui rend toute action et toute fraternité impossible.


Nos élus ne sont plus l’élite n’en déplaise à l’étymologie. Le peuple, couché par son éducation, attend des solutions indolores à tout problème identifié. La classe politique favorise ce rêve pour être élue et ne supporte pas le réalisme tout en s’en prévalant dans le « faire croire ». Elle n’aime pas suffisamment le peuple pour l’affronter. Le travail n’est plus au centre de l’économie, ni dans le droit constitutionnel au travail, ni dans la glorification du travail. Vacances, week-ends et RTT sont aujourd’hui le centre d’intérêt financé par le salaire qui vient d’un emploi plus que du travail.


La mort, le deuil et le renoncement ne font plus partie naturellement de la vie. Vivre longtemps a remplacé vivre debout dans les espoirs collectifs. La tristesse que cette erreur engendre fait la fortune de tous les psys. Donner une responsabilité à un adolescent, c’est à dire lui faire prendre un risque est devenu illégal par « mise en danger de la vie d’autrui ». Qui se rend encore compte que c’est par ces lois stupides que l’on met vraiment leur vie en danger ?


Les mots ne véhiculent plus rien si ce n’est une coloration morale que personne n’a le droit de remettre en cause. Nul ne sait les définir mais la croissance, le progrès et la démocratie sont le bien alors que la crise, le protectionnisme et le racisme sont le mal. Ne réfléchissons pas, suivons.


Les solutions sont pourtant parfaitement connues :

  • Redonner sens à une entité culturelle à l’espace connu et reconnu comme la France ou l’Auvergne ou l’Europe et faire en sorte que ses habitants consomment au prix où ils sont capables de fabriquer eux-mêmes.
  • Créer des lieux de vies en éducation pour que l’expérience s’ajoute à la connaissance ; que l’école pousse à l’action et que le lieu de vie génère le désir d’apprendre.
  • Chercher une représentation populaire à la fois debout et représentative. Dans l’attente représenter le peuple par tirage au sort ce qui est déjà le cas dans les cours d’assises et dans les panels qui nous disent chaque jour ce que nous pensons.

Mais pour faire cela, comment organiser notre action, notre réflexion et nos échanges pour qu’enfin le peuple sorte de cette léthargie dans laquelle il a été plongé et dans laquelle il est entretenu par tout ce qui a du pouvoir dans ce pays. Sans réponse à cette question, la guerre fera ce qu’elle a toujours fait dans l’histoire de l’humanité : mettre de façon sanglante de l’ordre par le désordre.

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