Responsabilité et risque

L’homme debout peut se définir comme celui qui a réussi à éviter le triple obstacle de la soumission, de la révolte et de la fuite. Sa liberté est son harmonie interne à l’intérieur de l’esclavage de ses propres choix. Cette liberté, la liberté, est à la fois fantastique et abominable.


Fantastique parce qu’elle valorise l’homme à ses propres yeux selon les critères du groupe auquel il appartient et qu’elle le valorise aux yeux des autres puisque ce sont leurs critères qui le disent libre donc responsable et respectable. Abominable parce que dans un groupe qui n’a plus comme critères communs que des banalités tièdes comme « le respect de nos valeurs » ou la démocratie vidée de son sens, on ne peut plus s’arrimer à des notions commune claires. La liberté devient risque de sombrer dans la soumission, dans la révolte ou dans la fuite et de ne plus être simplement debout. La liberté peut devenir un choix détestable entre se mépriser soi-même ou être méprisé par les autres. Quel sens a la liberté quand on habite Sodome ?


Pourtant liberté, responsabilité et risque recouvrent une même réalité.


Victor Hugo notait que « tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité » et George Bernard Shaw constatait que « Liberté implique responsabilité. C’est pourquoi la plupart des hommes la redoutent ». En écrivant « responsabilité », ils pensaient « risque ».


La responsabilité et le risque sont les deux facettes, l’une lumineuse, l’autre obscure, d’une même notion et nous devons sans arrêt lutter contre la facilité de n’en voir que le bon côté comme dans le fameux « responsable mais pas coupable ». L’adolescent veut être responsable et la société, soi-disant pour le protéger, ne veut pas qu’il prenne de risques. Par cette simple contradiction, nous posons l’éducation comme un problème totalement impossible à résoudre et qui ne peut fabriquer que des gens couchés. Si la nature a prévu un nombre important de petits dans toutes les races animales c’est que les risques indispensables à la liberté ont un coût que l’on paye en sanglots. On s’aperçoit qu’il ne peut y avoir de vraie liberté sans accueil du risque de la mort, aussi bien sociale que physique. La peur de la mort, la peur du risque, entrave la liberté qui nécessite un rapport harmonieux, et avec les autres, et avec ce qui nous dépasse tous, l’Illimité.


Avec les autres l’égalité est l’inverse de l’identité et est au contraire la reconnaissance que nous avons tous à apprendre de chacun d’entre tous les autres. L’égalité est interdépendance et reconnaissance de notre diversité. C’est cette reconnaissance qui nous permet de prendre le risque de la liberté.


Avec ce qui nous dépasse, avec la découverte de la verticale vu d’en bas, de la même façon que le fil à plomb mène au niveau, nous découvrons la nécessité d’une horizontale qui s’appelle fraternité et qui est aussi totalement indispensable à la liberté dès l’instant où nous reconnaissons que quelque chose nous dépasse tous.


J’aime le pays qui prend comme devise Liberté, Égalité, Fraternité. J’aimerais encore plus que nous lui donnions sens en nous en sentant responsable et en en prenant le risque.


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