Faire son devoir avec enthousiasme

Face à tout ce que l’actualité nous déverse chaque jour depuis des mois, des attentats extrémistes en direct aux rebondissements de l’affaire Kerviel, de la consternante réforme du programme et de l’organisation des collèges aux nombre de suicides dans la police, du chômage qui augmente pendant que la fumeuse croissance ne croit pas, notre pays sombre dans une médiocrité contagieuse. Politiquement, elle oscille pour une majorité abstentionniste entre une indifférence consternée et un écœurement qui semble irréversible et pour une minorité électrice entre un espoir désabusé et une incompréhension dubitative. La peur de l’avenir immédiat submerge inconsciemment la majorité des esprits alors qu’il semble n’y avoir un avenir prometteur que pour les insouciants ignorants. C’est dans ce contexte de fin d’époque et de système qu’un avenir durable et harmonieux doit se construire.


Au milieu de tout ça notre classe politique se démène pour tenir la barre d’un gouvernail qui semble être dans le vide d’une Europe administrative qui décide 80% de nos lois nationale. Des élu(e)s remarquables mais trop minoritaires sont noyé(e)s dans la masse des incompétences bruyantes d’ambitions personnelles vissées dans le paraitre de la superficialité médiatique pendant que l’intérêt général se débat pour ne pas être englouti dans le clientélisme électoral primaire où, pourtant, le clivage gauche-droite est devenu incongru pour 9 français sur 10.


Le rôle fondamental des candidats aux différentes assemblées, des municipalités à l’Europe, de notre démocratie républicaine est de proposer de conduire le peuple pour le servir et non le séduire pour se servir. Or « Le discours de vérité ne peut avoir la majorité (1) ». Ce paradoxe extrême à gérer est l’apogée de la quadrature du cercle de l’Art politique. Pour être élu, faut-il donc séduire par le mensonge mobilisateur ? Pour ensuite pouvoir conduire dans la vérité épanouissante ? Le problème est que le mensonge est facile même par simple ignorance et de bonne foi alors que la vérité reste beaucoup plus délicate à affronter, sinon surréaliste. Voire juste inacceptable comme l’évidence aujourd’hui du « elle tourne… » de Galilée.


Pendant ce temps, le peuple vit une mutation accélérée au quotidien. Nous voyons naître sur tout le territoire dans tous les domaines et métiers de nouvelles manières de faire, des innovations bouleversantes d’évidence, de simplicité et de bon sens. Tout ça avec une joie enthousiasmante mais ça ne fait pas la « une ». Oui, hélas, « l’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse (2) ».


Nous avons d’abord des devoirs avant d’avoir des droits. Construire un avenir durable et harmonieux est, dans l’intérêt général, notre devoir de bon sens et de responsabilité. À partir de repères intangibles il nous faut rétablir les conditions d’adhésion au groupe que l’on appelle une patrie et une nation. Plus que jamais, la France doit incarner son rôle historique de précurseur du monde de demain. Dans les trois domaines fondamentaux d’un pays que sont l’éducation, la politique et l’économie, nous devons établir un diagnostic sans concession pour comprendre pourquoi nous en sommes arrivés là, puis le partager sans modération. Ensuite, il faudra innover avec audace et détermination dans ces trois domaines avec comme trame de fond l’élévation de la conscience individuelle pour accélérer l’épanouissement de la conscience collective.


C’est pourquoi l’avenir de notre cité à besoin de notre engagement aujourd’hui afin de « prendre en mains notre destin avant qu’il ne nous prenne par la gorge (3) » !


Jean-François Harel


(1) : Daniel Cohn-Bendit sur Europe 1 le 28 avril 2015 à 7h55

(2) : Proverbe asiatique

(3) : Winston Churchill

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