Nos idées

La monnaie est la vraie source de la crise

De la compréhension de la monnaie à celle de la crise mondiale

 

L’argent, mémoire du travail effectué

 

Bien avant l’introduction des échanges dans un groupe, se situe la raison pour laquelle le groupe se constitue. Pour voyager ou pour survivre, pour se défendre ou pour se reproduire, les hommes se rassemblent pour une raison simple, leur lien social, la raison d’être du groupe. À l’intérieur de ce lien social chacun est prié de donner le meilleur de lui-même et les sociétés se constituent par le don de soi et l’accueil de l’autre à l’intérieur d’une loi qui les rassemble. Ce don de soi, le don de son énergie individuelle, de son travail, manuel ou intellectuel, manuel et intellectuel, crée un échange d’énergie entre les participants. Cet échange d’énergie soude autant le groupe que le lien social.

 

Cette énergie est comptabilisée dans la mémoire du groupe et la stabilité de la coalition exige que l’énergie dépensée y soit équilibrée et bien répartie. A titre d’exemple, dans une famille on dira à un enfant : « Dis donc, tu pourrais aider ! Tu ne fais rien, tu laisses tout faire aux autres, mets la table et range ta chambre ». L’harmonie du groupe se maintient parce que le pouvoir veille à l’équilibre des dépenses d’énergie ; il est la mémoire du travail de chacun.

 

Mais quand le groupe devient trop important, la mémoire du pouvoir perd de son efficacité et la réalité du travail de chacun est de plus en plus difficilement contrôlable. Alors le pouvoir invente d’abord le marquage du travail accompli sur du parchemin ou des tablettes de terre, une sorte de comptabilité avant l’heure, puis la monnaie à partir d’une matière recherchée, pérenne, rare et divisible comme l’or, l’argent ou des coquillages rares. Cette monnaie va être la mémoire du travail effectué. Le mot monnaie a la même racine grecque que monument, mnêmosunê « dont on conserve le souvenir ». La monnaie sera la mémoire du travail des membres du groupe, l’énergie du groupe, l’énergie sociale. Cette énergie n’existe que par la reconnaissance par le groupe qu’elle est accumulation des énergies individuelles, cumul du travail des membres du groupe. L’énergie est très difficilement stockable mais l’homme réussit à stocker son énergie personnelle dans la monnaie ; la monnaie est le substitut de l’homme. Mais comme elle n’est au départ reconnue que par les membres du groupe, elle est aussi le symbole du lien social dont le pouvoir est garant, ce qui donne à ce dernier le droit de battre monnaie.

 

L’introduction de la monnaie nécessite pour la première fois de chiffrer les valeurs des biens et des services que l’on s’échangeait auparavant sans compter et en se contentant d’une harmonie des échanges. La monnaie génère le troc contrairement à tout ce qui est raconté dans le système académique qui soutient dogmatiquement que le troc précède la monnaie. La pensée quasi unique de l’université enseigne que la monnaie est le substitut des biens et des services. Elle va s’engager dans une querelle sans fin entre les tenants de la monnaie-signe et ceux de la monnaie-marchandise en oubliant que l’homme est à la fois réalité et symbole et que son travail se stocke dans la monnaie. La monnaie substitut de l’homme explique qu’un chanteur émeuve la France entière en brûlant un billet de banque à la télévision, alors que rien n’aurait bougé s’il avait brûlé un objet de même valeur acheté une heure auparavant avec le même billet. Inconsciemment, il se brûlait et nous brûlait avec lui.

 

Une fois intégrée la définition de la monnaie comme stockage du travail déjà effectué, on peut mieux comprendre les dérives de la monnaie qui sont exacerbées par le capitalisme contemporain.

 

Tout commence par une double prise de conscience :

 

Les individus observent que la monnaie est une énergie transportable et anonyme. Cela attise la partie la plus fragile de l’homme. Alors que la monnaie est le signe du travail accompli, un stockage de l’être, elle se transforme petit à petit en stockage d’avoir, en possession. La monnaie substitut de l’homme, passant de main en main, devient une sorte d’esclave sans entretien nécessaire, donc très demandé. Les sagesses ont beau rappeler que l’être est beaucoup plus important que l’avoir, la monnaie glisse inéluctablement de l’être vers l’avoir. Elle perd son sens de mémoire du travail accompli et devient l’étalon de la richesse, l’avoir convoité. Au lieu d’être un moyen d’harmonie, la monnaie devient un but à posséder comme si l’harmonie pouvait s’acheter. Nous arrimons même la monnaie à des valeurs d’avoir reconnues comme l’or ou l’argent en appelant cela par exemple un Bretton Woods du nom de cette petite ville du New Hampshire où en 1944 White, Keynes et quelques autres dont Mendès France ont arrimé le dollar à l’or et les autres monnaies au dollar. Le système de Bretton Woods s’est évidemment effondré comme s’effondrerait tout système tentant de fixer la monnaie à un avoir reconnu.

 

La hausse des prix, impôt sur la consommation et sur l’épargne, générée par l’inflation


Dans le même temps le pouvoir réalise que son droit de battre monnaie peut s’interpréter comme un droit à créer de l’énergie sociale sans énergie individuelle préalable, un droit de fabriquer de l’argent sans travail. Il invente l’inflation, l’augmentation arbitraire de la masse monétaire. La vraie inflation, c’est en effet de faire « enfler » la masse monétaire autrement qu’en lui apportant du travail.

Mais toute création d’argent qui ne correspond pas à un travail déjà effectué est fatalement une dévalorisation de la monnaie existante puisqu’une quantité de travail qui n’a pas augmenté est représentée par une quantité de monnaie plus importante. C’est la dévaluation qui entraîne elle-même inéluctablement la hausse des prix. C’est parce que l’on crée de la monnaie en faisant enfler la masse monétaire que cette inflation génère une dévaluation qui entraîne une hausse des prix. Cela n’est d’ailleurs pas choquant tant que cette capacité à faire de l’inflation, à dévaluer la monnaie, est réservée au pouvoir car le système fait payer à tous les épargnants par la dévaluation et à tous les consommateurs par la hausse des prix, ce que le pouvoir a décidé d’accomplir grâce à la monnaie créée. C’est en fait un impôt, ce qui est normal tant qu’il est prélevé dans l’intérêt du groupe. Mais ayant oublié la définition de la monnaie, on confond l’inflation qui est la cause avec la hausse des prix qui en est la conséquence. Le mot même d’inflation change de sens et devient la hausse des prix sans que personne ne parle plus de ses vraies causes, ce qui permettra d’en accuser l’économie mondiale en oubliant les seuls responsables : ceux qui ont créé l’argent sans travail. Le pouvoir, en l’occurrence les États, réussit ce coup de force d’être capable de confondre l’œuf et la poule, la cause et la conséquence en appelant le tout « inflation ». Il s’autorise à ne pas voir, pas plus que les médias, la création par les banques centrales d’une monnaie financée par deux nouveaux impôts, l’un sur l’épargne appelé dévaluation, l’autre sur la consommation appelé hausse des prix.

Pourquoi d’ailleurs cacher ces impôts au lieu de les officialiser ? Nous pouvons tous comprendre les impôts sur les bénéfices comme l’IS et l’IRPP, les impôts sur la consommation comme la TVA et la hausse des prix et les impôts sur l’épargne comme l’ISF et la dévaluation. Mais tant que tout cela est pour la bonne cause, pour le bien public, il n’y a rien à redire. Chacun comprend le lien indissoluble entre l’effort individuel et l’effort collectif.

 

Les épargnants et les consommateurs résistent

 

Or personne n’explique que la dévaluation et la hausse des prix sont des impôts comme les autres car le pouvoir a honte de ses dépenses et de ses impôts. Alors, l’épargnant résiste à la dévaluation et le consommateur combat la hausse des prix, chacun étant totalement inconscient qu’il résiste à l’impôt. Le consommateur à qui personne n’a le courage de dire qu’il est dans la longue marche vers la baisse de son niveau de vie, va crier son incompréhension en étant d’ailleurs très écouté par les politiques peu scrupuleux qui vont faire semblant de le comprendre. L’épargnant lui, qui a appris de ses parents qu’il faut à la fois économiser et respecter l’État, est dans l’incapacité de concevoir que l’État lui prenne une partie de ce qu’il économise après lui avoir pris une partie de ce qu’il gagne plus une partie de ce qu’il dépense. Pour résister à l’impôt sur l’épargne qu’est la dévaluation générée par l’inflation, les épargnants vont chercher un intérêt pour compenser la dévalorisation de leur argent. On va alors rechercher l’usure, condamnée par toutes les sagesses et par toutes les religions en la baptisant « prêt à intérêt ». On quitte la sagesse d’Aristote pour qui l’argent était « par nature stérile » et qui avait « cherché en vain sur une pièce de monnaie ses organes reproducteurs ». On va quitter le bon sens qui sait qu’on ne fait pas de l’eau avec de l’eau, du cuivre avec du cuivre et de l’argent avec de l’argent. On va rentrer dans un monde absurde où l’argent doit tout seul faire des petits. Cette nouvelle inflation, toujours financée par la dévaluation et par la hausse des prix, ne va plus dans les caisses de l’État pour l’intérêt commun mais dans les poches du prêteur pour son intérêt particulier. Le prêteur va tout naturellement justifier le prêt à intérêt par la défense qu’il doit faire de son pouvoir d’achat. Personne ne peut le lui reprocher puisqu’il est totalement ignorant du fait que la dévalorisation de son épargne est un impôt qu’on ne lui a jamais demandé d’accepter comme tel. Il va, sans le vouloir et sans le savoir, alimenter l’inflation par la création d’intérêts qui sont théoriquement là pour compenser la dévaluation alors qu’ils la nourrissent. La spirale négative est alimentée.

 

La privatisation de l’impôt

 

Le résultat est qu’à côté de l’impôt public généré par l’inflation publique vient s’additionner un impôt privé généré par l’inflation privée des prêteurs privés. Le comble du ridicule est atteint lorsque, sans rien expliquer au peuple, on fait voter par le « peuple souverain » un certain traité de Maastricht qui interdit l’inflation publique sans interdire l’inflation privée qui s’envole vers des sommets sans limites. L’État n’a plus le droit de battre monnaie et il abandonne ce droit à une Banque Centrale Européenne dirigée par des fonctionnaires dogmatiquement incontrôlés. Le traité de Maastricht interdit à chaque État membre de créer l’argent dont il a besoin (il faut savoir qu’en gros, à partir d’octobre chaque année, l’État avec son train de vie actuel doit créer l’argent dont il a besoin pour terminer l’année). Chaque État doit emprunter dorénavant à la Banque Centrale Européenne l’argent créé. C’est la fameuse augmentation perpétuelle de la dette publique qui est l’inflation publique actuelle ; un budget déficitaire est équilibré par l’inflation et personne n’envisage sérieusement un budget en équilibre. On pourrait pourtant supprimer la dette publique en créant l’argent nécessaire à son remboursement, ce qui se traduirait immédiatement par une hausse des prix généralisée. Ce serait un paiement par le peuple du véritable impôt qu’est la spirale inflation, dévaluation, hausse des prix. Grâce à Maastricht les États se sont déchargés sur la Banque Centrale Européenne de la mission impossible de faire de l’inflation en luttant contre la hausse des prix qui en est la conséquence. En dépit des connaissances, de l’expérience et du discernement des fonctionnaires nommés à cette tâche, ils n’ont à gérer qu’une cocotte-minute sous laquelle personne ne veut éteindre le gaz. On comprend mieux que les fonctionnaires européens aient exigé et obtenu une immunité judiciaire en plus de ne pas être imposables. Souvenons-nous qu’au moment du vote du traité de Maastricht sur 100 personnes qui se sont déplacées pour voter, seules 49 ont dit oui puisque 47 ont dit non et que 4 ont voté blanc ou nul. Le traité de Maastricht n’a été voté en France que parce que certains considèrent que voter blanc ou partir à la pêche, c’est du pareil au même. Pour l’instant les responsables de la Banque Centrale Européenne ont donné à la hausse des prix qu’ils doivent combattre, le nom d’ « inflation », en laissant sans appellation la source de la hausse des prix, la vraie inflation qu’est la création de monnaie, qu’ils autorisent tous les jours par les budgets déficitaires des États et par les prêts à intérêt qui ont inondé la planète. « Pourvou que ça doure » disait la mère de Napoléon !

 

L’inflation privée, elle, si elle avait au début les circonstances atténuantes de la résistance à l’impôt sur l’épargne, explose quantitativement aujourd’hui par la loi de l’offre et de la demande fondée sur quatre pieds aussi peu défendables les uns que les autres mais tous les quatre totalement rentrés sans résistance dans notre corps social :

  • Le désir populaire de jouir avant l’effort avec la complicité du pouvoir politique qui ne voit le peuple que comme un électorat à flatter et à acheter.
  • Le désir des « investisseurs » qui ne conçoivent plus le rendement qu’à 2 chiffres (15% de rendement par an est considéré comme normal alors que le rendement ne devrait exister que comme fruit d’un mariage réussi avec le travail).

Le monde bancaire en arrive à créer de plus en plus d’argent pour spéculer sur les marchés, en se convaincant de l’abondance des liquidités, sous le regard bienveillant des banques centrales, et à vivre somptueusement sur cet impôt privé en débauchant dans les grandes écoles et dans la haute administration, nos meilleurs esprits. Le peuple paie par la dévaluation et par la hausse des prix la vie incroyablement facile du monde bancaire, qui place dans des sites offshores les montages qui permettent les accumulations de contrats sophistiqués financés par le crédit bancaire.

  • Toutes nos intelligences qui ne manquent pourtant pas, sont obnubilées par le court terme. Prétendant ne pas avoir le temps de nous asseoir pour comprendre globalement ce qui se passe, nous nous contentons de tenir sans prendre la peine de chercher où cela nous mène.

Et personne ne dénonce ce système car, aveugles et gavés, nous sommes enfermés dans notre incompréhension et apparemment sécurisés dans des systèmes droite-gauche qui ont toujours l’autre comme bouc émissaire.

 

La mort du capitalisme

 

Si l’argent ne peut faire de « petits » tout seul comme le ressassent toutes les sagesses, il peut en revanche évidemment travailler et c’est même la base de l’économie. Cependant il ne peut pas travailler tout seul.

 

Le capitalisme est une addition construite de l’avoir et de l’être pour une aventure appelée « raison sociale » dans une entreprise. L’avoir est mis en capital et l’être apporte son travail. Si l’aventure réussit ce sera pour le bien de tous les aventuriers, pour le bien de l’avoir comme pour celui de l’être, des actionnaires comme des travailleurs dans un équilibre à bien prédéfinir. Si l’aventure échoue, ce sera ennuyeux pour tout le monde et l’on repartira sur un nouveau projet, ensemble ou séparément.

 

Ce risque volontaire pris au départ de l’aventure ne doit pas être confondu avec un autre risque né au XXème siècle avec les lois autorisant de fait, le non remboursement par faillite ou surendettement qui jusqu’alors entraînait l’esclavage ou la prison jusqu’au remboursement. Les banques s’assurent elles-mêmes contre ce nouveau risque par une prime d’assurance parfaitement acceptable sous forme de taux d’intérêt amalgamé à l’usure qui elle, est inacceptable.

 

De plus le dogmatisme du système droite-gauche a tué le bon sens en essayant de faire une fausse harmonie avec deux vrais excès. D’un côté les nationalisations privatisations ayant présenté à l’électorat le capital comme un placement rentable, ont introduit en Bourse les fonds de pension et les fonds d’État qui ne voient plus du tout le capital comme un apport d’argent à une aventure durable avec des travailleurs intelligents mais comme un prêt à intérêt à rentabiliser d’urgence par la revente et par la spéculation, y compris en méprisant les êtres qui y travaillent. De l’autre les travailleurs sont devenus des salariés totalement déconnectés du risque de l’aventure entreprise et qui ne réalisent plus que leurs exigences, confortées par un droit du travail utopique, mènent droit aux délocalisations, aux suppressions de postes, au chômage puis au RMI tant que le pouvoir pourra le financer avec l’inflation, donc la hausse des prix, donc la baisse du pouvoir d’achat.

 

On a oublié de se dire que nous devons apprendre à consommer au prix où nous sommes capables de fabriquer nous-mêmes. Au lieu de nous réveiller et de réagir, nous tablons sur un mondialisme qui est un essai, raté d’avance, de réinventer un esclavage pour produire pas cher tout en se félicitant de l’abolition de l’esclavage.

 

L’ensemble du système ne fonctionne qu’avec une inflation qui n’a jamais été aussi forte dans toute l’histoire de l’humanité. N’importe quel trésorier de grand groupe, n’importe quelle banque peut disposer de devises par milliards par la multiplication de fonds de gestion et de spéculation bénéficiant de la création monétaire ex-nihilo au moyen du jeu de la double inscription comptable en actif-passif. On ne peut même plus parler de cette inflation folle puisqu’elle n’a plus de nom et qu’elle se traduit par des prélèvements massifs de la sphère financière sur les personnes physiques, les entreprises et les États par le moyen du prêt à intérêt. L’implosion semble inévitable et le politique, incapable d’affronter le peuple, délègue tout au privé et achète par exemple très cher à un publicitaire l’idée de « muscler l’économie » ce qui ne fait même plus rire un peuple tellement tétanisé qu’il ne cherche plus que des échappatoires.

 

En septembre 2008 les mauvaises créances immobilières américaines, amalgamées à d’autres dans des actifs présentés comme des titres eux-mêmes assurés par les « rehausseurs de crédit », ont généré un premier vacillement que l’État américain calme avec 700 milliards de dollars d’inflation qui seront payés par la dévaluation du dollar et par la hausse des prix américains. Comme le dollar continu à être une monnaie de référence en dépit du fait que Nixon l’ait déconnecté de l’or en août 1971, une hausse des prix mondiale et la dévaluation de toutes les monnaies du monde participeront à cet artifice.

 

Ce premier soubresaut n’est pourtant pas méchant en comparaison de celui qui adviendra le jour où apparaîtra la réalité des faux actifs comme par exemple les LBO qui permettent aux financiers de tout acheter sans argent ou les 62.000 milliards de dollars de CDS, ces assurances que les mêmes prennent sur des risques encourus par des tiers.

 

Faut-il attendre la faillite du système ou la désamorcer par un réveil collectif, serein et déterminé ?

La réponse nous appartient. Elle est terriblement difficile et on a vu avec la chute du communisme comment des gens de bonne foi ont eu du mal à accepter de s’être trompés pendant trente ans. La plupart des communistes ont réussi cet effort et ne sont plus communistes. À nous de faire le même effort mais il sera tout aussi difficile.

 

Ce sont les générations futures qui récolteront les fruits de nos choix.

 

Marc Dugois

(septembre 2008)

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