Réflexions


Le rapport Stiglitz

Les anciens avaient classé ce qu’un enfant devait apprendre en Trivium et en Quadrivium. Le Trivium comprenant la grammaire, la rhétorique et la dialectique, s’occupait des lettres, des mots et des phrases. Le Quadrivium analysait tout ce qui était chiffrable, l’arithmétique, la géométrie, la musique et l’astronomie. Aucun chiffrage de la raison et des sentiments de l’homme dans le quadrivium. La raison et les sentiments étaient l’apanage des mots, du trivium. C’est au début du XXème siècle qu’à la demande de l’État on a prétendu chiffrer en France l’intelligence et qu’un psychologue allemand lui a donné le nom de Quotient Intellectuel. À la fin du XXème siècle, des américains ont inventé l’intelligence émotionnelle qu’un publicitaire français admirateur de Rolex a traduit en Quotient Émotionnel. Grâce au QI et au QE nous savons enfin chiffrer la raison d’un côté, les sentiments de l’autre. La commission Stiglitz va pouvoir se mettre en marche et tenter d’inventer la machine à mesurer le bien-être pour que nos dirigeants aient enfin une boussole. Si, sans donner l’explication du PIB, somme de toutes les dépenses, la commission observe que les embouteillages et les pétroliers échoués sur nos côtes augmentent le PIB mais pas notre bien-être, elle ne fait qu’accoucher d’un mot qu’elle crée, la « soutenabilité », dont on voit mal ce qu’elle ajoute à la durabilité qui n’avait que le défaut d’exister avant la commission Stiglitz-Rosanvallon.

 

Toute cette pantomime serait drôle si elle ne recouvrait des réalités inquiétantes. Le scientisme ambiant qui limite la connaissance à ce qui est réputé scientifique et le scientifique à ce qui est décidé intangible, gagne du terrain parce qu’il est très sécurisant y compris dans les sciences dites humaines. Dans un monde qui manque de repères, il est commode d’habiller des impressions en dogmes pour en faire des jalons, des phares, des bases de constructions chimériques et éphémères. Mais un éphémère qui peut durer malheureusement des lustres ! Le chiffre véhicule pour une partie de nous-mêmes cette notion de sérieux qui, en équipant l’apparence, peut la rendre crédible alors qu’elle n’est qu’illusion. Les sondages dont personne ne connaît le mécanisme exact en sont l’exemple éclatant. Plus grave le chiffre fait facilement passer de l’évaluation, intéressante par sa subjectivité productrice de diversité, à la norme, stérile dans son objectivité aussi apparente que restrictive, puis à la répression de tout ce qui ne se soumet pas à la norme. Les directives européennes toutes chiffrées en sont la triste représentation. Et sommes-nous aujourd’hui menés par autre chose que par les sondages et par les directives européennes ?

Pourquoi avons-nous tant besoin de quantifier ? Ne serait-ce pas notre peur de l’avenir qui nous amènerait à croire à des raisons apparemment objectives qui nous feraient à la fois dormir tranquilles et aimer les conducteurs de notre peuple au risque de le réduire en troupeau ? Qualifier engage le dialogue, quantifier met fin à la discussion.

 

On trouve un bon exemple de tout cela dans la différence entre la science et l’étymologie. Au départ les deux mots ont des sens très proches. Science vient en effet du participe présent du mot latin “scire” qui veut dire savoir, et étymologie vient du grec “etumos”, le vrai, et “logos”, ce mot si riche que le traduire par étude ou recherche est déjà le réduire puisque le prologue de l’Évangile de Jean écrit en grec, nous dit que « le logos était Dieu ». Rechercher le vrai et savoir n’est-ce pas très voisin ? Mais la science s’est laissée avaler par le chiffre et a pu croire être arrivée à la vérité alors que l’étymologie continue à la chercher. Beaucoup de scientifiques sont heureusement des étymologistes. Pas tous, et certains croient la vérité inaccessible à ceux qui ne sont pas de leur caste. Pendant que certains scientifiques remercient Dieu de les avoir faits supérieurs aux autres, les étymologistes recherchent avec humilité et doute, avec tous leurs condisciples une vérité qui les dépasse. L’étymologiste sait que la vérité est affaire sociale mais malheureusement ceux que notre société distingue, ce sont les scientifiques qui la sécurisent, perdue qu’elle est dans un présent sans avenir. Que n’en est-on resté à la définition de la science par Molière : « Le savoir de l’humanité dans sa recherche de la vérité ou de la compréhension de l’univers, par opposition au savoir d’un individu », ou même par Flaubert qui écrivait dans sa correspondance : « la science fondée sur des principes rationnels et la stricte observation des faits » ! Le chiffre y est absent. L’étymologiste, lui, cherche dans l’histoire des mots comment comprendre nos trajectoires et nos destinées. C’est à partir de sa connaissance, de son expérience et de son discernement qu’il va construire ce qu’il faut dire et ce qu’il faut faire. Il est le dépositaire de la science de Molière et de Flaubert.

 

Quand il ne se limite pas à ce qu’il est, c’est-à-dire à l’arithmétique, à la géométrie, à l’astronomie et à la musique, le chiffre véhicule une notion d’universalisme qui essaye de balayer toutes les oppositions en leur imposant un dogme non discutable venu d’on ne sait où. L’exemple de la « science » économique qui s’habille de mathématiques pour ne pas trop ressembler aux médecins de Molière, est flagrant. Plus grave cet universalisme gomme les différences et se fait l’allié naturel du mondialisme, de la gouvernance mondiale par « ceux qui gèrent et qui savent » comme le disait effrontément Michel Camdessus le 1er mai 2001 à Paray le Monial. On chiffre dans le renseignement la fiabilité d’une information pour transmettre un doute sous forme de vérité. Même lorsque le chiffre reste dans son domaine, il peut ne pas faire suffisamment attention aux mots. En géométrie le postulat d’Euclide est que par un point on peut faire passer une parallèle mais une seule, à une droite. Sous l’impulsion de Gauss, Lobatchevski a postulé au XIXème siècle que par un point on pouvait faire passer une infinité de parallèles à une droite pendant que Riemann postulait qu’on ne pouvait en faire passer aucune. Les géométries non euclidiennes étaient nées. Ce qui est sûr c’est qu’avec la géométrie euclidienne, la NASA aurait raté la lune.

 

Le chiffre comme le mot est un outil, mais on en a fait un complice de notre prétention à détenir la vérité. Il nous faut le nettoyer pour découvrir grâce à lui l’arithmétique, la géométrie, l’astronomie et la musique, ce qui est déjà énorme mais ne constitue pas la totalité de la vie. Le chiffrage, devenu totalitaire, s’il n’arrive pas à imposer sa vérité, se fait relayer par les experts qui eux-mêmes se feront dépasser par le principe de précaution, troisième pied de l’endormissement général et sacré au bénéfice de gens que le peuple intéresse peu.


Marc Dugois.

Décembre 2009

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Éditorial de Claude Imbert - Le Point 

Lire absolument l’éclairage,  indispensable et incontournable,

de Claude IMBERT,

éditorialiste de l’hebdomadaire Le Point.

 

L’avenir n’est plus ce qu’il était

 

Tous les peuples n’ont pas souci de leur avenir, à commencer par les faméliques qui ne songent qu’à survivre. Le Français, lui, a le privilège luxueux de s’inquiéter du sien. Cet avenir, il lui arrive de l’envisager comme français, comme européen, voire comme occidental. Mais désormais il s’en inquiète aussi comme habitant de la planète Terre.

 

Ce dernier souci déboule en force. La préoccupation écologique n’est pas nouvelle, mais elle s’intensifie. Elle échappe du coup aux seuls écologistes, avant-gardistes pénalisés par le gauchisme et les querelles. Aux constats proches et anciens de la dégradation des eaux, de l’air et des sols, au choc des marées noires, des pollutions par pesticides, au dégoût de l’accumulation des déchets, des fracas et fumées s’ajoute désormais la perception, pour la première fois dans l’Histoire, que la planète Terre, elle-même, est un patrimoine menacé.

Deux formidables accélérations inspirent une conscience nouvelle. Celle d’abord de la démographie d’une planète qui, passant en quarante ans de 3,1 à 6,5 milliards d’habitants, aura doublé sa population. Puis, celle, non moins vertigineuse, des périls de l’écosystème, et d’abord du réchauffement climatique avec les désordres actuels et prospectifs qu’il inspire.

 

Ces avertissements de la science sont devenus à l’ère des télés et du Net des vérités populaires. Elles bousculent une représentation ancienne de l’avenir : celui d’un horizon aux progrès illimités propices au « toujours plus ». On glisse désormais d’une confiance indiscutée dans les conquêtes incessantes d’un monde infini au constat morose que la Nature d’un monde fini n’est pas corvéable à merci.

Souvent, on bascule alors d’un extrême à l’autre. De l’outrecuidance technicienne pour l’amélioration continue de la condition humaine aux paniques de type millénariste et au délire de précaution. Toujours est-il qu’aujourd’hui les « espaces infinis » effraient moins que le confinement et la surchauffe d’un monde fini. L’avenir n’est plus, chez nous, ce qu’il était.

 

Quel crédit méritent les Cassandre ? Les démographes rassurent plutôt : ils prévoient un ralentissement global de la croissance. Seulement voilà : les rythmes variés de la décroissance ne vont pas imposer à tous les continents le même train. L’Asie - et l’Inde plus que la Chine - confirmera sa masse. L’Afrique grossira une population toujours exposée aux pires détresses. Tandis que l’Europe s’installe, elle, dans un déclin impressionnant que seule une immigration massive atténuera. Le bilan n’est pas apocalyptique, mais c’est peu dire qu’il accouchera de considérables et imprévisibles remue-ménage.

Le réchauffement de la planète apparaît, lui, comme plus spectaculaire. Voyez donc, là-dessus, le film illustrant l’engagement d’Al Gore, il vous impressionnera (1). Au défilé abrupt des statistiques il ajoute des images bouleversantes sur la fonte des grands glaciers, sur l’avancée des déserts, sur les canicules et les ouragans. Évidemment, les projections catastrophistes s’envolent : poussées migratoires nouvelles dues à la désertification, montées des eaux noyant (comme à La Nouvelle-Orléans) d’immenses zones côtières. Sur ces extrapolations prospectives, les scientifiques, Dieu merci, restent réservés. Le pire immédiat n’est, disent-ils, pas sûr.

 

Nourri par les gaz carboniques d’une demande d’énergie en expansion affolante, accéléré par les déforestations, l’effet de serre est presque partout désigné comme le principal agent du réchauffement. Là-dessus, les débuts d’une réaction ciblée sont en train de gagner tout l’Occident. Bush, résistant au protocole de Kyoto, se trouve débordé par plusieurs États américains, comme la Californie. En France, les pouvoirs et les partis, courant derrière l’opinion, se réveillent. Le transport routier, déjà congestionné, perd enfin du terrain face aux transports fluviaux et ferrés, plus économes. Partout, saisies d’une sorte d’éco-civisme, des associations se mobilisent contre les pesticides, les déchets, la pollution des rivières. Les industriels eux-mêmes, les agriculteurs se convertissent, bon gré mal gré, aux énergies renouvelables. Le nucléaire retrouve une faveur nouvelle. La voiture électrique - et déjà la voiture hybride -, le biométhanol et la chimie verte font leur chemin.

 

En fait, c’est tout le mode de vie des pays développés qui va peu à peu se trouver affecté par l’obligation à la sobriété, par la nécessité de produire et de consommer autrement. Vaste programme aux dimensions politiques encore énigmatiques et qui consistera à marier l’économie à l’écologie !

 

Tout, en somme, confirme une mutation multiforme qui, de tous côtés, fait de nous des « mutants ». En trente années, l’Homme a transformé la planète, et, en échange, la planète nouvelle modifie l’Homme contemporain. « Nous avançons sur un chemin de halage par lequel des générations condamnées tirent l’ancien monde vers un monde inconnu » (2).

 

(1.) « Une vérité qui dérange », dans les salles à partir du 11 octobre.

(2.) Chateaubriand.

© le point 12/10/06 - N°1778 - Page 3 - 727 mots


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Le permis de voter !

La démocratie est un beau système que nous pourrions peut-être retrouver, perdus que nous sommes dans cette image d’Epinal que l’on nous présente comme la démocratie et qui n’est qu’une oligarchie vaguement héréditaire qui méprise le peuple au lieu de le servir.


La démocratie est pourtant simple. Quand cent personnes responsables, c’est-à-dire compétentes, engagées et capables de doute, sont réunies pour donner leur avis sur un sujet qu’ils connaissent, l’avis de la majorité est plus que passionnant et il faut d’urgence le mettre en application.


En revanche réunir cent badauds pour leur faire décider la vérité sur n’importe quel sujet par l’avis majoritaire, est non seulement une insulte à l’intelligence mais une insulte à la démocratie. C’est pourtant ce que nous vivons et nous sommes tous responsables de la dérive actuelle en foire médiatico-publicitaire de ce beau système qu’est la démocratie. Il coûte en plus, fort cher car pour nous plaire et recueillir nos voix, les candidats sont obligés d’habiller des absences d’idées par des impressions d’idées. Absences d’idées car, trop occupés par l’élection, ils ne les cherchent pas. Les idées sérieuses sont toujours dérangeantes donc peu électorales. Impressions d’idées car il faut nous faire croire à un programme pour apparaître crédible. Ce grand écart est rendu possible par les publicitaires, nouvellement vêtus en « communicants », qui habillent pour leurs mandants, des vessies en lanternes.


Le résultat est que nous avons une classe politique qui ne représente plus le peuple bien qu’elle soit élue par lui. Nous l’avons vu pour le référendum sur la « constitution européenne » où la classe politique presque unanime a voté à l’inverse de son peuple. N’oublions pas non plus qu’il a fallu la manipulation des chiffres pour que l’on fasse croire que les Français avaient voté le traité de Maastricht par 51% contre 49%, alors que la réalité est que sur 100 électeurs inscrits, 70 étaient allés voter. Sur ces électeurs qui s’étaient déplacés pour voter, seuls 49% avaient dit oui, puisque 47% avaient dit non et que 4% avaient voté blanc ou nul. Seuls 49%, représentant 34% des inscrits, avaient suivi les conseils de Madame Royal, de M. Sarkozy et de M. Bayrou de voter ce traité qui donnait tous les pouvoirs à la Banque Centrale Européenne, pouvoirs qu’ils jugent tous les trois exorbitants aujourd’hui. Nous avons si peu de mémoire !


Mais alors d’où vient cette absence de vraie démocratie ?


La démocratie étant l’avis majoritaire des gens responsables, définis encore une fois comme compétents, engagés et capables de doutes, elle est obligée de limiter les électeurs ou de limiter les sujets.


Plutôt que d’affronter cette difficulté, on a préféré tuer la démocratie en ne limitant pas les électeurs, en les faisant même voter dès 18 ans, merci M. Giscard d’Estaing. Le résultat, écrit d’avance, est que l’on a limité les sujets à un seul, éternel et tristounet, Chispin ou Jorac, la liste de Gomez ou celle de Martin. Et le système se met en place que nous pourrions caricaturer par « Pardon Monsieur, est-ce que je pourrais demander si... » et la réponse du système « Tais-toi et vote ». Nous sommes si loin de la démocratie !


Pour la retrouver, pour avoir une classe politique qui représente vraiment le peuple, il faut imprimer dans les élections les bases de la responsabilité. Le doute n’est pas quelque chose dont le peuple manque quand il est dans son état normal. Le doute disparaît plus dans les classes dirigeantes sauf lorsqu’elles sont réellement confrontées à la réalité. Faisons confiance au peuple pour s’asseoir et hésiter avant de choisir.


L’engagement est vérifié par le fait de se déplacer, d’aller voter, de remplir son « devoir électoral ».


Il ne reste que la compétence à insérer dans les bases démocratiques. Vaste sujet ! Lors d’un dîner, je me souviens avoir posé à M. Juppé, alors adjoint aux finances du maire de Paris, la question :« Pour conduire, il faut un permis de conduire, pour chasser, il faut un permis de chasser, pour pêcher, il faut un permis de pêche, pour voter, ce n’est pas la peine. Est-ce que c’est moins important ? ». J’attends toujours la réponse, et je me pose donc toujours la question.


J’entends déjà l’avalanche de critiques qui vont tomber à l’instar du corps humain qui réagit globalement quand on appuie là où ça fait mal.

Vous voulez créer des grands électeurs ? Ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ? Vous voulez couper la France en deux et revenir au suffrage censitaire ? Et qui fera passer le permis ? Qui va décider de ceux qui votent et de ceux qui ne votent pas ?


Le suffrage censitaire était lié au cens et donc à l’argent. L’argent n’est pas aujourd’hui suffisamment reconnu comme énergie sociale pour qu’une discrimination par l’argent soit envisageable. C’était le cas à Athènes mais autre temps, autre mœurs. Eliminons bien sûr le suffrage censitaire.


En revanche la question de l’épreuve du permis lui-même et de ceux qui le feraient passer, est une question difficile et délicate car l’objectivité devrait être unanimement reconnue. Sans cette objectivité le permis de voter serait une très mauvaise idée.


Mais cette objectivité peut être obtenue par une série de Questions à Choix Multiples comme au permis de conduire. Ces questions pourraient être entre autres :


Qui fait les lois ? 

  • 1 - Le Président de la République 
  • 2 - Le Gouvernement
  • 3 - Le Parlement

ou

Quelle est la monnaie de l’Europe ? 

  • 1 - Le franc 
  • 2 - L’euro
  • 3 - L’écu

Des questions simples, sans malice, sans piège, mais qui écarteraient ceux que cela n’intéresse pas du tout et pour lesquels on dépense tellement d’argent jusqu’au dernier moment pour qu’ils votent bien. Cela écarterait aussi jusqu’à l’épreuve suivante, ceux qui croient tout savoir et qui s’apercevraient qu’ils ont fait au moins 5 fautes sur des questions pourtant très simples. Cela renforcerait d’ailleurs l’engagement qui serait exprimé par l’effort de passer ce permis.

Le but n’est d’ailleurs pas de définir ici le permis de voter, ce qui serait très vaniteux mais d’en agiter l’idée.


On pourrait même réserver un nombre de places de députés pour représenter les Français qui n’auraient pas passé le permis de voter de façon à ce que chaque Français pèse du même poids dans l’Assemblée Nationale (ce qui n’est d’ailleurs aujourd’hui absolument pas le cas). Pour les représenter, on pourrait utiliser ce système que les députés ont choisi pour représenter le peuple dans les Cours d’Assises et que Rome avait déjà utilisé avec un vrai succès pour choisir les représentants du peuple : le tirage au sort. La représentation populaire serait tellement plus affinée par des députés élus par des électeurs titulaires du permis de voter, complétés éventuellement par des députés tirés au sort parmi les Français majeurs.


Ceux qui n’apprécieraient sûrement pas, ce sont les publicitaires ! Et en plus on ferait moins de croissance et donc moins de richesse à se partager, dit-on ! Décidément, quelle mauvaise idée !


Marc Dugois

  • Consultant, HEC, Ancien Avocat.
  • Auteur de « Voter utile est inutile » ou Petit manuel de sagesse pour un monde en crise /  2006, Éditeur Max Milo
  • Auteur de « L'inéluctable révolution » ou  Ne plus être les victimes consentantes des idéologies  / 2014, Éditeur Autres Temps
  • www.marcdugois.com
  • www.ecosophie.com
  • www.surlasociete.com
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Le coaching intuitif

LES ORIGINES


Le mot « coach » est tiré du français « coche » qui fait allusion à une époque ou existaient des voitures conduites par un « cocher ». Celui-ci accompagnait les voyageurs à leur destination. Tout comme le coach d’aujourd’hui qui amène ses clients à la réalisation concrète de leurs projets, réalisation qui est considérée comme une destination.

 

Au début du siècle dernier le mot « coach » s’employait en France comme ailleurs dans les domaines théâtral, lyrique et cinématographique. Le coach était déjà un accompagnateur et un soutien pour l’artiste.


Le terme coach est beaucoup plus connu sous son concept issu du sport. « To coach » signifie entraîner, préparer, motiver, accompagner. Depuis quelques années coach et coaching sont sortis du cadre sportif pour acquérir leur véritable dimension. Aujourd’hui le champ d’action est multiple : le coach accompagne la personne dans la profonde connaissance qu’elle a d’elle-même et donc dans sa réalisation de vie.


Le coaching a été mis au point par des enseignants, entraîneurs, managers, conseils, thérapeutes, psychologues, sociologues. Les outils utilisés sont issus d’une synthèse de différentes méthodes « techniques et humaines » puisées dans les grands domaines des sciences du management, de la relation d’aide et de la communication.


Le coaching s’appuie sur l’Analyse Transactionnelle, la Programmation Neuro-Linguistique, l’hypnose éricksonnienne, l’analyse systémique, la psychologie sociale, la communication, la négociation, la gestalt, l’étude de la symbolique, l’intuition, l’écoute active, etc.


« Un métier indispensable pour tous ceux qui recherchent la justesse, la profondeur, la performance »


QU’EST-CE QUE LE COACHING ?

C’est une nouvelle profession d’accompagnement qui arrive en France depuis quelques années et répond à une évolution des consciences et au désir de changement. Elle offre à la personne ou à un groupe une nouvelle vision de la vie.

Le coaching est une véritable méthode d’accompagnement qui réunit un ensemble d’outils efficaces. Il favorise un état d’esprit qui permet de faciliter les changements, la réussite quel que soit l’axe choisi et de relever les défis de la vie.

  • Le coaching de 1ère génération = cadre, manager
  • Le coaching de 2ème génération = professeur, chef d’équipe, infirmier, et toutes les personnes impliquées dans la relation d’aide.
  • Le coaching de 3ème génération = accessible à tous.

En France nous en sommes en moyenne au coaching de 1ère génération mais à LUNION FORMATION nous pratiquons le coaching des trois générations car nous partons du principe que tout le monde a le droit de réussir et d’aller mieux dans sa vie.


QUEL EST LE RÔLE DU COACH ?

Le coach accompagne et guide la personne ou l’équipe dans la réussite de leurs projets, leurs objectifs ou leurs désirs que ce soit sur le plan personnel, familial et professionnel.

Le coach éveille la personne à des prises de conscience dans les domaines du « faire », et apporte de nouveaux angles de vision en respectant éthiquement et écologiquement la personne, celle-ci apprend ainsi les règles de l’action pour réussir ce qu’elle entreprend.


Le coach utilise une méthode structurée et pragmatique (un levier puissant de développement personnel et professionnel du changement). Il aide son client sur le chemin de la connaissance de soi, de la maturité, de l’autonomie et de l’équilibre.


Être coach est un métier qui s’inscrit dans le champ des professions de la relation humaine et la relation d’aide. Le coach acquiert ses compétences et son savoir-faire au cours de sa formation pour exercer auprès de clients qui sont : des particuliers (de l’étudiant au retraité) aussi bien du personnel d’entreprises (de l’infirmière au manager).


« La méthode est efficace car son application est concrète et permet d’agir dans la réalité »

Il aide la personne à :

  • définir ses objectifs qui lui permettent de se poser les bonnes questions et donc de classer ses priorités afin de prendre les meilleures décisions.
  • élaborer les stratégies qui vont lui permettre d’atteindre ses objectifs.
  • mieux utiliser ses ressources et ses capacités, à révéler son Mozart, ses talents cachés.
  • créer des relations épanouissantes avec son entourage.
  • concilier équilibre personnel, familial, professionnel et social.
  • régler des problèmes en conscientisant leur enseignement pour passer à autre chose.
  • trouver la confiance en soi.
  • s’orienter ou réajuster ses actions.

En résumé, le coach aide la personne à envisager sa vie présente et future, et à la construire dans la réalité en lui donnant son véritable sens.


QUI EST LE COACH ?

Le coach est un expert en conduite du changement, il est aussi un éclaireur, un mentor des temps modernes, un catalyseur, également un allié, un soutien. Le coach est, en quelque sorte, le guide du voyage intérieur afin de révéler tout ce qui est nécessaire au coaché pour qu’il concrétise son projet.


QUELLES SONT SES QUALITÉS ?

Il est dans le non-jugement, dans l’accueil, l’ouverture inconditionnelle, dans une écoute et une présence entière, il possède des qualités à la fois d’analyse et d’intuition, et met ainsi à la disposition du coaché toutes ses facultés cérébrales.

Il capte alors le langage du « Tout », de l’énergie, des vibrations, de la voie, du mental, des émotions, du corps, du cœur.

Il est très respectueux de l’écologie et du rythme d’avancement de la personne, le coach incarne l’empathie et possède de réelles qualités de cœur.


Au cours de sa formation, il a acquis une bonne connaissance de lui-même qui lui permet d’accompagner le coaché d’une manière consciente et éthique. Il sait aussi se remettre en question en effectuant un travail sur lui-même, il est supervisé. Il est doté d’une solide force intérieure qui le rend performant, calme auprès de toutes les personnes qu’il accompagne. Il ne cesse chaque jour d’aller vers l’excellence.


www.coachingintuition.com

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Éditorial de Claude IMBERT - 10 juin 2006

Lueurs...


L’échauffement autour de la coruscante Ségolène, cette impatience qui, à droite, propulse le mal-aimé du Château, Sarkozy, ce concert médiatique qui salue l’essor des deux empêcheurs de danser en rond, tout ce tumulte inquiète, de Chirac à Jospin, les « pros », les chenus d’un système exténué. Dans l’échappée belle des deux fugueurs, ils redoutent un ébranlement de la démocratie française. Quelle blague ! La matrone en a vu d’autres.


La France, comme ses comparses, vit une crise de la démocratie représentative. Mais aussi désemparée qu’elle soit par le cours du temps, elle ne devrait pas s’effaroucher de ces foucades sondagières venues de quelques tréfonds de l’opinion. Maladroites sans doute, édifiantes sûrement ! La France en tirera-t-elle profit ? On n’en sait rien ! Mais, puisque la démocratie ne se porte bien que dans une large adhésion populaire - de nos jours défaillante -, tout n’est pas noir dans ces invocations à la « participation démocratique ». Tout n’est pas vain dans cette tarte à la crème que la démocratie, il faut qu’on s’en occupe... Naïfs, brouillons, « populistes », nos démocrates de nouvelle vague ? Laissez dire ! Tout vaut mieux que le sommeil de la Belle au Bois dormant.

 

La crise de la démocratie représentative regorge d’explications : repli individualiste sur la sphère privée, prétentions médiatisées de groupes aux intérêts variés que le pouvoir ne peut concilier dans l’intérêt général ; nouvelles aspirations égalitaires face à l’inégalité de plus en plus voyante de l’argent ; dégoût d’une corruption toujours rampante.


En France, on ajoutera l’abaissement du caquet national dans l’Europe communautaire et la mondialisation ; et le désarroi identitaire devant l’immigration et le cosmopolitisme culturel. Enfin, ce comble, la détestation, sur divers bords, du régime de démocratie libérale auquel, Dieu merci, nous appartenons. Aussi bien, les avanies de l’État - socle institutionnel - et les misères de la Nation - socle spirituel - ébranlent-elles le principe ineffable de la « confiance », oxygène de la démocratie. Sur l’univers envahissant de la « défiance », l’analyse profonde de Pierre Rosanvallon (1.) comblera les exigeants.


Ici, contentons-nous de constater que l’inquiétude civique cherche un exutoire qui n’est pas sans vertus. Lequel ? Eh bien, cette explosion polémique sur le déclin français, ces forums, ces blogs de doléances, ces suggestions mirobolantes, jetées comme bouteilles à la mer... Ce tumulte que charrie la démocratie d’opinion indique au moins que quelque chose bouge. Que des lueurs nouvelles éclairent l’horizon. Que le peuple, rétif à la réforme, cessera peut-être un jour de se défausser sur les élus de sa propre indolence. Qu’il ne se satisfera plus de « sortir les sortants » pour les remplacer par leurs clones. Peut-être de plus en plus de Français réalisent-ils que « les progrès d’un peuple ne sont déterminés ni par les gouvernements ni par les révolutions, mais par la somme des efforts des individus qui le composent (2.) ».


Dans l’abus du vocable « citoyen » mis à toutes les sauces (science citoyenne, sport citoyen, jurys citoyens, etc.), on devine une aspiration fruste mais touchante à la participation démocratique, et comme une conjuration de la désaffection civique. Voit-on naître là - ce serait trop beau - une véritable responsabilité « citoyenne » ? Non ! Mais c’en est le parfum !

 

La France, dit-on partout, est malade, mais elle garde assez d’atouts pour se rétablir. Aujourd’hui, elle ne supporte ni ses maux ni leurs remèdes. Or elle ne guérira pas sans secouer vingt-cinq ans d’ankylose (1981-2006). Car enfin, comment soigner le mépris démocrate qu’inspire un pouvoir régulièrement élu et qui s’affale devant la rue ?

 

La France a aujourd’hui les finances de Louis XVI. L’actuelle dette publique - et, plus inquiétante encore, celle de nos engagements futurs - ne va pas, en un tournemain, convertir la France à la sagesse, éliminer les obstructions, entre autres syndicales, à la réforme. Mais de plus en plus de Français apprennent qu’au train actuel leurs enfants naîtront ruinés. Qu’eux-mêmes devront travailler plus s’ils veulent éviter la faillite de leurs retraites. Qu’ils devront réduire le fardeau écrasant d’une assistance outrancière. Bref, qu’il faut quitter l’« exception française » d’un État pachyderme...


Avez-vous remarqué ce petit miracle dans le Landerneau socialiste : Strauss-Kahn ne craint plus de se dire, comme ses pairs européens, « social-démocrate ». Bonne nouvelle qui nous console de la comédie Fabius, gants de pécari dans le cambouis prolétaire...

 

Bonnes nouvelles, ces hirondelles ne font pourtant pas un printemps. Mais, dans le bouillonnement « citoyen », on voit percer un peu de cet orgueil collectif qui nous remettrait sur pied. Vous trouvez que je me monte le bourrichon ? Peut-être !


(1.) « La contre-démocratie », de Pierre Rosanvallon (Seuil).

(2.) Gustave Le Bon.


© Le point 09/11/06 - N°1782 - Page 5 - 740 mots

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